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Depuis plus de dix ans, nous croyons que l’éthique du management et la gouvernance ont un rôle fondamental au sein des entreprises dans lesquelles nous investissons pour le compte de nos clients.
Face aux défis immenses de la crise que nous vivons aujourd’hui, nous sommes de plus en plus convaincus que nos entreprises cotées en Europe ont besoin d’actionnaires minoritaires actifs qui les aident à développer des stratégies innovantes pour répondre aux enjeux financiers, commerciaux et sociaux de notre monde actuel, et nous essayons d’y contribuer par notre stratégie d’investissement.

28 juin 2013

SAY ON PAY : l’approche française est-elle la plus adaptée ?



Alors que le nouveau gouvernement français avait inscrit dans ses promesses électorales l’instauration par la loi française d’un « SAY ON PAY », vote sur les rémunérations soumis aux actionnaires, l’AFEP-MEDEF et le gouvernement français ont finalement convenu d’un accord, la pratique du SAY ON PAY devenant une recommandation du rapport AFEP-MEDEF et non plus un projet de loi.
Au même moment, la Suisse mettait en place (suite à la votation de mars 2013 initiée par un chef d'entreprise, Thomas Minder) un cadre très contraignant dans lequel les rémunérations fixes seraient soumises au vote des actionnaires individuellement et les rémunérations variables versées uniquement après l’accord préalable des actionnaires en Assemblée Générale.
La France quant à elle ne met en place et visiblement qu’à contrecœur un vote sur les principes de la rémunération mise en place, vote au demeurant non contraignant (convention réglementée) et de surcroit vote non obligatoire car inscrit dans les recommandations de l’AFEP-MEDEF, qui précise par ailleurs qu’une entreprise peut indiquer publiquement pourquoi elle ne reprend pas telle ou telle disposition de ces recommandations…
Certains nous ont indiqué que cette solution était la meilleure car il est difficile de faire voter les rémunérations en Assemblée Générale pour ne pas risquer des « broncas d’actionnaires », le vote en convention réglementée étant de toute façon indicatif et non contraignant et la rémunération étant du ressort exclusif du Conseil d’Administration et non de l’Assemblée Générale.
Nous avions proposé cette année à l’AFEP et à son Président, Pierre Pringuet, de recommander à toutes les entreprises françaises de faire voter en 2013 un « SAY ON PAY » à l’instar de la société PUBLICIS pour la rémunération des Président du Conseil de Surveillance et du Directoire. Pour Pierre Pringuet, il était nécessaire, compte tenu de la diversité des entreprises, d’attendre les décisions du gouvernement en la matière pour appliquer ce qui serait demandé afin d’avoir une règle unique pour toutes les entreprises…
A croire qu'administrateurs et dirigeants des grandes entreprises n’ont pas compris que la question n’était plus le montant des rémunérations (communiquées et publiées) mais le mode de validation, le Conseil d’Administration étant vu aujourd’hui comme un « cercle d’amis » permettant de ce fait des « primautés » et de tant en temps des décisions non cohérentes avec la performance de l’entreprise (ou celle ressentie comme telle).
A refuser de proposer un vote sur les rémunérations elles-mêmes (comme au Royaume Uni depuis de nombreuses années ou comme dans les SARL en France…), nos entreprises s’exposent dans les années qui viennent à des « broncas » d’actionnaires mécontents des chiffres découlant des principes votés les années précédentes ! La France vient encore de rater un train…

Olivier de Guerre
olivier.deguerre@phitrust.com